• Marie Robert

Ceci est un nom qu’il faudra retenir



Ce n’est pas une marinière à rayures. Ce n’est pas un lipstick incandescent. Ce n’est pas une minaudière à paillettes. Ce n’est pas non plus une bande de filles dévorantes de joie. C’est un monde. Un monde semblable à une perle qui glisse entre les doigts. Des profusions d’adjectifs et de chemises en soie. Le dessin d’une créature. Ravageuse. Espiègle. Séductrice de mauvaise foi. Je ne sais pas décrire la mode. Je ne sais pas non plus combien de fois je suis passée devant la boutique de Saint-Germain des Près ou devant le stock rue d’Alésia. Mais je sais qu’un jour mon frère m’a offert un bonnet Rykiel. Un bonnet noir avec une invraisemblable fleur tricotée sur le côté. Le genre de parure dans laquelle on se sent suffisamment jolie pour conquérir nos jours de froid. Dans chaque fil de laine, ce refrain, curieux, grave et frivole : « Et je voudrais la vie qui va avec ». Une manière d’habiter le jour. D’être d’humeur champagne pour faire infuser sa mélancolie. Une demie-mondaine qui ferait des blagues avec Tchekhov. Insolente, paradoxale, désinvolte et insatiable. Aucune liquidation ne pourra engloutir cela. Oh Nathalie Rykiel et Lola Rykiel comme je pense à vous. Si la nuit est carmin au lieu d'être rubis, je vous la souhaite baccarat.

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