• Marie Robert

Ceci est un nettoyage de printemps.


Ici et là, un appel, une urgence à redéfinir nos « valeurs ». Mais à peine prononcé, le terme déjà questionne. Qu’est-ce qu’une valeur ? Aucune définition ne semble tout à fait limpide, si ce n’est peut-être qu’une valeur, c’est « ce qui vaut », « ce à quoi on accorde de l’estime ». Mais pour Nietzsche, l’intensité est tout autre. Chez lui, une valeur n’est pasune représentation, ni une simple croyance. C’est plutôt ce feu, si puissant en nous, qu’il exerce une action sur toute notre vie. Une valeur impose et souligne, avec efficacité, des interdits. Elle oblige à certaines actions, à des obligations, elle marque des préférences radicales. Par exemple, considérer que la vérité est une valeur, c’est éprouver un dégoût absolu pour la tromperie. Choisir la générosité comme un pilier, c’est toujours préférer le partage à son intérêt personnel. Les valeurs sont nombreuses, vastes, intimes. Lumineuses souvent, mais parfois aussi limitantes, suffocantes. Selon Nietzsche, elles sont des croyances tellement digérées, qu’elles sont passées dans la vie du corps, et presque devenues corps, s’exprimant pratiquement sous la forme de pulsions. Loin d’une bien-pensance, d’un élan marketing, elles habitent nos silences, nos gestes, nos transmissions, et résistent souvent à toute remise en cause. Même la philosophie échoue parfois à les décortiquer. Mais peut-être, qu’avec beaucoup d’effort, peut-être qu’en acceptant de les regarder au plus près, de les placer au soleil du jour, nous allons parvenir à renverser les valeurs hostiles, pour ne conserver que les valeurs affirmatives. Celles qui nous élèvent, nous poussent vers l’avant et nous conduisent, non vers le ressentiment, mais vers la force de vie. Je vous souhaite une journée où vos valeurs, loin de vous étouffer, sont de profondes respirations.

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