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  • Marie Robert

Ceci est un miroir.

Ceci est un miroir. Ce matin, après m’être brossée les dents, j’ai regardé le contour de mon œil d’un air dubitatif. Je n’ai jamais aimé ma paupière inférieure, ce morceau de chair qui se relève dès que je souris et qui rend inaccessible l’intégralité de ma pupille. C’est je crois ces quelques centimètres de peau qui ont fait dire à certains que je n’avais pas l’air sincère, que mon expression était bien trop forcée pour être honnête. A la seconde où j’ai formulé cette remarque, j’ai mesuré combien elle était ridicule et vaine. Une remarque d’enfant gâté qui ne sait pas apprécier sa chance. Mais cette expérience de narcissisme matinal a tout de même fait naître en moi une réflexion : qu’est-ce que l’on trouve beau chez nous ? Et pourquoi ? Il y a peu, j’ai lu l’interview de David Suh. Ce photographe qui tient un studio à Los Angeles était pour moi un illustre inconnu même si son compte Instagram compte des millions de fidèles. Ce qui m’a touché, ce n’est pas sa notoriété, c’est ce propos, banal et pourtant, émouvant : « Pour moi, tout le monde est intrinsèquement beau ». Alors certes, la parole peut sembler un peu convenue, cependant, je crois qu’elle contient une force bien plus puissante que le cliché qu’elle véhicule. Selon son approche, ses séances photo sont une sorte de méditation, l’occasion de se voir à travers les yeux de quelqu’un d’autre et par la même, d’accéder à une autre perception, une autre vision qui soudain nous éclaire. Ce n’est pas une question d’objectivité, de traits, de mensurations, ou d’une quelconque réalité effective, c’est le récit d’un ressenti. Se trouver beau, un instant au moins, n’est pas une futilité, ça n’a rien d’anodin. Parvenir à voir notre beauté nous autorise à avancer, à nous montrer, à oser, et in fine, à nous sentir mieux. Alors j’ai rêvé de tout mon cœur que ce David Suh vienne photographier tous les adolescents du monde, tous ceux qui dans leur chambre se cachent et observent avec détestation, leurs peaux, leurs formes, leurs cheveux. J’ai espéré avec toute ma fougue qu’ils puissent changer de prisme et saisir leur immense lumière. Je vous souhaite d’aimer infiniment ce que vous voyez dans le miroir. #Bonjour



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