• Marie Robert

Ceci est un menu variable.


« Mais enfin, je ne comprends pas, tu as toujours aimé la tarte aux fraises ! ». Depuis l’enfance, elle nous régale, on nous la sert à chaque célébration, à chaque anniversaire, dans l’unique perspective de nous faire plaisir et de témoigner l’intérêt qu’on nous porte. Jusqu’au jour où finalement, nous sommes tentés par autre chose. Ce n’est pas tant que les fraises nous ennuient, mais plutôt que nous aimons explorer d’autres saveurs. Combien d’évènements dans notre existence sont semblables à cette tarte ? Combien de fois nos proches s’offusquent d’un changement dans nos goûts ? D’une modification au sein de nos habitudes ? D’une variation dans ce qu’ils tenaient pour acquis et dont la métamorphose développe, chez eux une forme d’inconfort, comme les prémisses d’une trahison ? Pourquoi est-il si difficile d’exprimer simplement le fait que nous évoluons, sans blesser, ni fragiliser ceux que nous aimons ? Et à l’inverse, pourquoi nous ne prenons pas l’habitude d’actualiser nos connaissances au sujet des autres ? De leur demander si ce goût, ce désir, cette ambition, cette amitié, ce rythme, appartient encore au présent ? L’enjeu est de concevoir que nous sommes des êtres en mouvement, soumis à d’incessantes fluctuations, et que connaitre l’autre, ce n’est pas accumuler des certitudes sur lui, mais plutôt s’autoriser les questions qui permettront de le redécouvrir sans cesse. Je vous souhaite une journée où les tartes aux fraises peuvent devenir des glaces aux pistaches.

4 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout