• Marie Robert

Ceci est un mémento



L’autre jour, dans l’excellente série « Profession Philosophe » sur France Culture, j’ai entendu Delphine Horvilleur dire qu’elle connaissait si bien les chansons de Jean-Jacques Goldman qu’elle pourrait en faire l’exégèse. J’ai souri et j’ai pensé à tous ces refrains que l’on entonne. A tous ces couplets qui nous habitent, nous réconfortent, et déclenchent des ondes de souvenirs. A toutes ces notes qui, à peine jouées, mobilisent nos sens autant que nos poumons. A toutes ces musiques chéries qui appartiennent au collectif et à toutes celles, inaudibles, qui convoquent des douleurs intimes. A toutes ces groupies du pianistes qui n’ont pas besoin de karaoké pour être fredonnées sans la moindre erreur. A toutes ces Drôles de vie, ces Andy ou ces Foules sentimentales chantées à tue-tête. A tous ces moments où l’on s’est cru dans un clip alors qu’on marchait juste dans la rue. Les chansons appellent l’invisible, elles nous relient aux autres et à ce qui n’est plus. Des titres populaires ou pointus, kitschs ou mélancoliques, honteux ou intemporels, simplement élus pour tisser la playlist de notre vie. Je sais que pour mon frère et moi, écouter « Ray of light » nous donnera à tout jamais l’impression que le monde reste à conquérir. Sans doute suis-je prête pour l’exégèse de Madonna ! « Faster than the speeding light she's flying/ Trying to remember where it all began ».

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