• Marie Robert

Ceci est un jeu de piste.


L’autre jour, j’évoquais dans une conversation la singularité du corps, et en particulier, celle du corps féminin. Cette chair dont la vie ne semble jamais être linéaire. Ce sang qui fluctue. Cette peau qui raconte. Ces cycles qui jonglent avec nos ressentis. Un tumulte constant, en dialogue avec l’extérieur, perméable aux impacts, aux douleurs, aux sentiments. C’est un ventre gonflé par l’angoisse ou par les règles. C’est une poitrine qui se fait un peu lourde. C’est une hanche, dont le vécu dessine la courbe. Combien de temps passons-nous à le scruter ? A le commenter ? A l’apprivoiser ? A le détester ? A le palper ? À tenter de saisir ce qu’il a nous dire ? Épuisante entreprise. Et en même temps salvatrice, passionnante. Trouver de la douceur dans notre sauvagerie, de la confiance dans nos complexes, du confort dans l’inconfort. La seule intranquillité à honorer est bien celle-ci, celle de notre corps en mouvement et certainement pas celle, du regard ou des gestes des autres. L’intégrité physique comme un sanctuaire sacré. Quelle aventure. Voilà avec quoi je pars ce matin, en voulant transmettre aux élèves de l’école que l’énigme de leur corps n’appartient qu’à eux. Je vous souhaite une journée où vous chérissez le plus beau des véhicules.

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