• Marie Robert

Ceci est un hymne à nos joies.


Ceci est un hymne à nos joies. Un mot que j’ai déjà évoqué ici et qui se faufile sans cesse sous mes yeux. Il revient, m’enroule, en appel à mon âme. Je crois pouvoir dire que je l’aime d’amour et je ne résiste pas à l’envie en ce dimanche matin de le faire vivre à nouveau. Cette incantation magique est un terme qui vient du yiddish, intraduisible en français, il illumine le cœur de celui qui le ressent : « Fargin ». Plus qu’un mot, il s’agit d’une émotion, le fait d’être « heureux pour les autres ». Le « fargin » est dépourvu d’arrière-pensée. C’est le bonheur ressenti en apprenant qu’il arrive à quelqu’un, de plus ou moins proche, quelque chose de bien. C’est ce petit picotement d’allégresse qui accompagne la félicitation sincère quand un ami nous annonce une jolie nouvelle. Plutôt que nous comparer, ou de nous sentir vide de la réussite d’autrui, le « fargin » suppose une certaine forme de détachement. Non pas de l’indifférence, mais la capacité à percevoir que nous avons tous un univers singulier, tissé de désirs, d’espoirs, de rêves, d’aptitudes qui n’appartiennent qu’à nous. Ce que l’autre gagne ne nous enlève rien. Ni intimement, ni professionnellement. C’est son espace et nous avons le nôtre. La concurrence épuise et empêche de déployer son énergie, d’activer sa puissance, d’affiner sa compétence, et de bâtir son chemin qui, au bout du compte, est toujours différent de celui des autres. A l’inverse, le « fargin » permet de mobiliser un souffle nouveau, de réveiller cette part d’humanité, qui active le sourire, et fait palpiter l’esprit. Etre heureux pour celui qui triomphe, c’est abandonner la menace pour mieux s’enraciner dans la confiance. La joie appelle la joie. Je vous souhaite une journée de « fargin ». #Bonjour@rebeccamarder @sandrinekiberlain

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