• Marie Robert

Ceci est un hymne à nos joies.


Ceci est un hymne à nos joies. 5h48. Les syllabes me réveillent. Comme si le mot lui-même me sortait du lit. Comme un refrain de chanson qui ne nous laisse pas en paix. Il rôde dans ma tête, visite tous les interstices de mes neurones « Fargin ». Un mot dont j’ai déjà parlé ici mais qui s’impose aujourd’hui, plus que jamais comme une urgence. Il s’agit d’un terme yiddish, intraduisible en français, mais qui illumine le cœur de celui qui le ressent : « Fargin ». Plus qu’un mot, une émotion, le fait d’être « heureux pour les autres ». Le fargin est dépourvu d’arrière-pensée. C’est le bonheur ressenti en apprenant qu’il arrive à quelqu’un, de plus ou moins proche, quelque chose de bien. C’est ce petit picotement d’allégresse qui accompagne la félicitation sincère quand un ami nous annonce une jolie nouvelle. Plutôt que nous comparer, ou de nous sentir vide de la réussite d’autrui, le fargin suppose une certaine forme de détachement. Non pas de l’indifférence, mais la capacité à percevoir que nous avons tous un univers singulier, tissé de désirs, d’espoirs, de rêves, d’aptitudes qui n’appartiennent qu’à nous. Ce que l’autre gagne ne nous enlève rien. Ni intimement, ni professionnellement. C’est son espace et nous avons le nôtre. La concurrence épuise et empêche de déployer son énergie, d’activer sa puissance, d’affiner sa compétence, et de bâtir son chemin qui, au bout du compte, est toujours différent de celui des autres. A l’inverse, le « fargin » permet de mobiliser un souffle nouveau, de réveiller cette part d’humanité, qui active le sourire, et fait palpiter l’âme. Etre heureux pour celui qui triomphe, c’est abandonner la menace pour mieux s’enraciner dans la confiance. La joie appelle la joie. Et je crois que c’est de cela dont nous avons plus que jamais, besoin. Je vous souhaite une journée envahie par le fargin. #Bonjour#Matin#Morning#Fargin#Yiddish#Linguistique#Amour#Amore#Ahava#Habibi Crédit : @mehrandjojan

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