• Marie Robert

Ceci est un fil invisible.


C’est si curieux d’avoir le cœur relié à celui de ceux qu’on aime. C’est si déchirant de les voir souffrir. Ce n’est pas de l’empathie. Ce n’est pas de la compassion. Il ne s’agit même pas de se mettre à leur place. C’est plutôt l’idée d’une étrange osmose. Quelque chose qui nous submerge. Leur mal nous suffoque. Chaque mouvement de leur esprit blessé nous secoue, fend notre corps en deux, nous brise de chagrin et nous engloutis sous une insupportable impuissance. Inutile de se parler, tant le ressenti est bavard. On s’agite. On se débat. On part en lutte contre des armées fantômes. On dessine des clairières dans des forêts de peine. On devient acrobate, infirmier, chevalier des ombres. La tristesse de nos proches est plus cinglante encore que si elle nous appartenait. Rien ne peut l’apprivoiser. Elle est nous ramène aux confins de notre humanité, à l’animal blessé que les autres maintiennent en vie, à l’enfant à tout jamais déçu. Bien sûr, on peut apprendre à trouver la paix à l’intérieur de nous, à ne plus dépendre des sollicitations extérieures, mais que vaut ce bonheur si l’existence de nos amours est chavirée, chahutée, piétinée ? Que valent nos éclats s’ils ne sont pas partagés ? Au-delà de la nausée, nos cœurs cousus sont peut-être l’ultime trace de nos unions indéfectibles. L’assurance qu’il existe entre nous des forces sous-terraines qu’aucun sanglot ne pourra dissoudre. « Il y a dans tout amour quelque chose qui fascine. Quelque chose de beaucoup plus ancien que ce qui peut-être désigné par les mots que nous avons appris longtemps après que nous sommes nés » - Pascal Quignard. Je vous souhaite une journée de courage pour vous, vos amours et les miens.

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