• Marie Robert

Ceci est un feu sacré.


Ceci est un feu sacré. Ces derniers jours, dans le cadre des « Mardis de Marie », je travaille sur les mythes grecs. Et parmi ceux que je préfère, il y a le mythe de Prométhée. Je n’ai pas assez d’espace ici pour raconter avec détails et subtilité, la version de Platon qu’il propose dans Protagoras, mais les grandes lignes suffiront à expliquer pourquoi il me touche tant. Tout commence le jour où les dieux de l’Olympe ont gagné la guerre contre les Titans, le fameux calme olympiens qui se met à régner sur leur montagne commence à les ennuyer. C’est alors que Zeus demande à Prométhée de fabriquer des mortels pour remettre de la vie dans le cosmos. Son frère Epiméthée, dont le nom signifie : « celui qui pense après coup », le supplie de le laisser commencer par les animaux. Il distribue donc de nombreux dons aux bêtes. Il fabrique un système équilibré où chaque espèce a ses chances de survie par rapport aux autres. Les petits animaux ont des ailes, d’autres des griffes. Il confectionne une carapace pour la tortue et donne la vitesse au jaguar. Et ainsi de suite. Au bout du compte, l’ensemble forme un univers bien agencé, harmonieux, et juste. Mais lorsque Prométhée, vient examiner son travail, il découvre consterné, que son frère a oublié les hommes. Il ne leur reste plus rien. Ils sont condamnés à naître nus, démunis et vulnérables. Pour compenser ce déséquilibre, Prométhée décide de dérober le feu et de l’offrir aux pauvres humains, qui armés de ce nouveau pouvoir sont désormais les seuls capables de créer, fabriquer, construire. Mais il y a plus encore, car ils peuvent surtout inventer leurs vies. Paradoxalement, c’est parce qu’ils n’ont rien au départ, aucun don particulier, qu’ils peuvent devenir tout, qu’ils sont en mesure de décider de leurs destinées multiples. Au contraire des animaux, qui sont programmés par les dons qu’ils ont reçu, communs à leur espèce, les humains, privés au départ de tout talent naturel, ne sont prisonniers d’aucun programme absolument déterminant. Et nous voici aujourd’hui, aussi nus, aussi vulnérables, capables de bâtir le meilleur comme le pire. Je nous souhaite de choisir le meilleur. #Bonjour

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