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  • Marie Robert

Ceci est un espoir.

Ceci est un espoir. Qui connait les centaines de relectures avant d’envoyer un mail ? La honte qui submerge en rédigeant un texto ? Celle de voir les lettres qui s’emmêlent ou celle de ne pas trouver ses mots ? Il y a chez des milliers d’individus, bien plus souvent qu’on ne pense, cette insupportable limitation du langage, ces phrases qui s’accrochent, ces tournures trop silencieuses ou trop lourdes, pour parvenir à formuler ce qui, pourtant, est bien là, si vif, si brut, si cru, si palpable dans le cœur. Combien d’entre nous subissent ou ont subi, la frustration du verbe ? Combien ont connu des grands traits rouges sur leurs copies et des notations humiliantes en dictée ? Combien se sont sentis asphyxiés par leurs limitations verbales ? Et combien de parents sont mortifiés à l’idée que leurs enfants ne parviendront jamais à écrire correctement ? A tous ceux-là, à tous qui rougissent de leur défaillance, à tous les élèves en déroute, à tous ceux dont les complexes étouffent l’envie d’écrire, à tous ceux qui ont préféré se taire par peur de mal dire, j’aimerais raconter une histoire. D’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai été une élève besogneuse, car il m’en fallut des heures de patience et d’efforts pour dénouer ces lettres qui ne trouvaient pas toujours le bon ordre. La dyslexie est un trouble du langage parmi d’autres, une confusion qui impose un autre rapport au monde, on se retrouve comme un chercheur d’or tentant de saisir la pépite, le mot juste, correctement orthographié, le mot fluide qui touche à l’évidence. Cela est si rare que la plupart du temps, il ne reste qu’une indicible frustration. J’ai encore, rangé dans des tiroirs des dizaines de dictées et de rédactions où les notations si basses frôlent l’absurde. Pourtant, me voilà aujourd’hui, produisant quotidiennement, et publiquement, 2200 signes, et regardant médusée mon nom sur des couvertures de livres. Alors si j’avais quelque chose à transmettre à tous ceux dont les mots peinent à se faufiler : ne lâchez rien. Écrivez, osez, trouvez votre poésie même dans la maladresse, mais faites et de syllabes en syllabes, dessinez votre récit. Je vous souhaite l’audace de déjouer les obstacles. #Bonjour



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