• Marie Robert

Ceci est un espoir.


Ceci est un espoir. « Ça va bien ? », « Tu fais quoi en ce moment ? », « C’est dingue la semaine dernière, on se serait cru en été ! », « Et dis donc ton fils, ça allait ses exams ? », « Pas trop dur, dans votre métier, de porter le masque toute la journée ? », « T’as maté le match du PSG ? », « Oh tu sais pas ce que m’a raconté Julie hier soir ? ». Autant de papillons, attrapés dans le filet de nos conversations quotidiennes. Autant d’accroches, anodines, banales, souvent superficielles, mais qui malgré leur maladresse, ont quelque chose de précieux, car aussi insignifiantes soient-elles, ce sont elles qui enclenchent la discussion. Tchatcher, jacasser, papoter, causer, qu’importe l’origine pourvu qu’il ait le verbe, cet amour des mots qui s’enlacent, des histoires qui se transmettent, des vies qui décident qu’elles ont un bout de chemin à faire ensemble. L’enjeu est peut-être plus profond qu’on ne l’imagine, car commencer une conversation avec quelqu’un, même un inconnu, même un bref échange dans une file d’attente ou sur un quai de métro, c’est afficher une espérance, c’est considérer que ces quelques phrases auront plus de sens que nos silences ou que nos yeux rivés sur notre téléphone. Il existe un mot en espagnol, la « sobremesa », pour décrire le temps qui s’étire après un repas, ces minutes de palabres et de jouissance, cet art d’être, sans attendre. Converser, c’est penser que l’autre à encore à nous dire, que du dialogue peut naître l’extraordinaire, et que le langage à la capacité de faire émerger une nouveauté, une réflexion, une anecdote, un secret, un rire, une information, un conseil, un éclat de poésie. Dans l’intimité comme dans la rue, discuter, c’est avoir encore de l’amour pour ce curieux monde, ne pas le condamner tout de suite, mais le laisser suspendu à la sublime aventure que sont nos bavardages. Je vous souhaite une journée de paroles. #Bonjour

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