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  • Marie Robert

Ceci est un envol.

Ceci est un envol. J’aime le matin, le très petit matin. J’aime que la nuit se dissipe et qu’elle laisse place à l’aube, m’assurant qu’une fois encore, nous avons la chance d’avoir survécu, mais surtout j’aime être envahie par l’espoir, par cette puissance contenue dans la journée prête à se déployer. Quelle curieuse notion que « l’espoir ». Pourquoi s’en remettre à quelque chose qui n’arrivera peut-être pas ? Est-ce un luxe ? Une utopie ? Une absence de lucidité ? Sans doute, mais pas seulement, car je crois qu’il y a dans l’espoir une forme de courage, celui de voir plus loin, d’imaginer autrement, de ne pas rester figé dans la fatalité. Espérer, c’est nourrir le présent à grand renfort de futur. C’est oser l’attente. C’est conjurer la peur de ce qui vient et la tristesse de ce qui ne viendra pas. C’est affirmer une force de vie. C’est accorder sa confiance à l’existence. Et surtout, c’est ouvrir un espace dédié à « l’éventuel ». Cette idée est celle du philosophe allemand Ernst Bloch, dans son texte « Le principe espérance ». Le pire comme le meilleur sont toujours envisageables, mais ce qui compte, c’est de ménager la place au possible : « cet espace non clos, ce lieu de naissance qui s’ouvre devant nous ». Et cette passion du possible, c’est justement ce qu’on appelle l’espoir, cette « part qui stimule, qui empêche que l’on s’accommode à l’existant néfaste et que l’on renonce ». Je suis de ceux qui scénarisent les catastrophes et qui vacillent à la perspective du drame à venir, pourtant, je sais que mon espoir est invincible et qu’il m’offre un répit à mes angoisses. Il est mon moteur, le point d’ancrage de tous mes efforts. Il est un défi lancé au réel, toujours si incertain, le rappel que rien n’est jamais totalement écrit et que nos bras peuvent soulever nos massifs intérieurs : « En conjuguant le courage et le savoir, l’homme empêche que l’avenir ne s’abatte sur lui comme une fatalité, il le conquiert et y pénètre avec tout ce qui est sien ». Pour renverser la table, il ne faut pas s’en tenir au seul présent, il faut tenter l’inconnu, et chérir la fraîcheur de tous les matins à venir. Je vous souhaite des lueurs entrainantes. #Bonjour@juliettebinoche




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