• Marie Robert

Ceci est un enchantement



C’est celui qui, contre toute attente, franchit la ligne d’arrivée en premier. C’est l’illustre inconnue qui se met à vendre un best-seller. C’est la petite entreprise qui décroche un marché sur lequel lorgnait des géants. C’est l’ami qu’on jugeait fébrile, et qui dans l’épreuve, devient le plus endurant. C’est l’enfant, triomphant de ses difficultés. C’est le sans-abri transformant sa condition. C’est l’équipe de deuxième division remportant le championnat. C’est l’histoire de tous les outsiders, les seconds, les bras cassés, les atypiques, les pas communs, les abimés, les faibles, les petits, les boiteux, qui à force d’espérance, de courage, de ténacité, d’audace, et de pieds de nez, parviennent à réaliser quelque chose d’admirable, à surmonter un obstacle, ou à faire mentir les pronostics. Nous avons tous en tête un récit de ce genre, de ceux qui suscitent une émotion vive. Comme un conte laissant nos yeux brillants. Des leçons d’optimisme, teintées d’affect et de fierté. Parfois sirupeuses certes, mais tellement jolies à entendre. La joie par procuration, l’idée de quelque chose qui nous égaille, d’un monde qui de temps en temps peut être réparé. Au Japon, le terme « Ijirashii » célèbre ce drôle de sentiment, cette opportunité de verser une larme et de se laisser traverser par un frisson. Une ode à ceux qui semblaient vulnérables et qui, soudain, nous subjuguent par leur force d’âme. Je vous souhaite une journée remplie d’ijirashii.

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