• Marie Robert

Ceci est un don.


Ceci est un don. Hier, sur les conseils de mon frère, j’écoutais une émission de Rebecca Manzoni au sujet de la variété italienne. Akhénaton y évoquait son père et son amour pour les chansons d’Adriano Celentano. Bien au-delà de ma passion pour les refrains transalpins, quelque chose m’a ému dans cette manière d’emporter avec soi ce qui appartient au goût des autres. En me laissant bercer par les notes azur de la radio, je me suis demandée ce que j’aimerais transmettre. Ce qui, parmi les choses que je connais, que j’aime et celles auxquelles, je crois, feraient l’objet d’une passation. Comment transmettre à l'heure où l’outil numérique semble tout remplacer ? Pourquoi transmettre dans un monde où la nouveauté ne cesse d’être valorisées ? Peut-on transmettre sans figer, ni contraindre ? On parle souvent des transmissions involontaires, de ces fardeaux que l’on porte et qui nous empoisonnent pour des générations entières, mais qu'en est-il des partages lumineux ? De ces recettes, de ces chansons, de ces films, de ces savoir-faire, de ces gestes, qui y ont été partagés avec nous et qui fondent notre identité, en nous reliant au fil invisible de l’humanité ? Qu’avons-nous fait de ces transmissions et qu’allons-nous transmettre à notre tour ? Le phénomène est étrange, il suppose qu’on accepte de recevoir quelque chose qui nous correspond mais en même temps, qui nous vient d’un autre. C’est accepter d’être modifié par ce qu’on reçoit, laisser ce fragment se développer en nous, et se l’approprier suffisamment pour qu’il fasse partie de notre chair. S’en apercevoir, c’est s’arrêter un instant sur nos musées intimes et se rendre compte qu’on est en lien les uns avec les autres, précisément parce qu’on décide de se confier des souvenirs, des savoirs, des idées, des informations, des manières d’être, d’aimer, de manger, de dormir, de croire, d’espérer, de chanter, de triompher de nos peurs. Une fois de plus, l’enjeu est la parole, car transmettre, c’est continuer à murmurer ce long récit qui nous a conduit des cavernes jusqu’ici. Je vous souhaite de soigner vos transmissions et de savourer vos linguine alle vongole. #Bonjour@garconmoderne

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