• Marie Robert

Ceci est un devoir



Il y a quelque chose de singulier dans notre métier, c’est que chaque jour, nous voyons des enfants. Pas un ou deux, mais un groupe qui vit, qui discute, qui interagit, qui se confronte. On s’habitue à ces petites présences glissant une tête par ici, une autre par-là. On s’habitue à leurs demandes, à leurs craintes, à leurs questionnements. Et puis, de temps à autre, on réalise qui ils sont. Alors nos yeux s’écarquillent, le sol s’ouvre nos pieds Pétris d’émotions, on se dit qu’ils sont le monde à venir, que dans leurs gestes se dessine la société de demain. Curieux vertige. C’est comme si, quotidiennement, nous avions une fenêtre ouverte sur le futur. Quand j’y pense, je suis prise de frissons. Notre responsabilité est prodigieuse. Quel regard poseront-il sur nous ? Comment allons-nous leur expliquer tout ceci ? Et surtout, qu’allons-nous leur laisser ? Nos systèmes s’écroulent et c’est tant mieux. Nos idéologies, nos croyances, nos relations, nos mode de communication et de consommation sont en mutation. Ces changements nous devancent, nous échappent. L’après est déjà là. Mais en attendant qu’ils prennent la relève, qu’ils saisissent à bras le corps ces défis, comment les soutenir ? Avec quelles paroles ? Quels outils ? Quelles réponses ? Quels aveux ? L’urgence est d’accompagner les adultes, afin qu’ensemble nous réfléchissions à nos postures et aux modèles que nous érigeons pour les générations suivantes. Plus que jamais, je crois qu’il faut, comme le dit si bien mon amie Elsa Grangier, rêver grand. Etre solide, courageux, ne pas fuir, assumer nos erreurs, se former, créer des lieux de réflexions. C’est le message bouleversant porté par le podcast « Les adultes de demain », dans lequel une mère, Sylvie d'Esclaibes dialogue avec sa fille Stéphanie, conscientes des enjeux auxquels il faut faire face. Ou ce qui se joue dans les espaces de parole sans culpabilité offerts par David von Grafenberg dans son « Café des parents ». C’est surtout l’engagement de tout ceux qui décident de regarder les enfants en face. Demain, ce n’est pas loin. Demain, c’est maintenant.

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