• Marie Robert

Ceci est un déclic.


Avant-hier, je discutais avec mon amie Julia. Elle me racontait que c’est seulement après s’être assisse dans un train, en direction de l’Italie, qu’elle avait perçu la tempête silencieuse que nous venions de vivre ces derniers mois. Comme si tout d’un coup, le fait de quitter son centre, et d’épouser le mouvement, permettait de saisir l’anormalité de la position que nous avions adopté. Un élément déclencheur. Le sésame de nos émotions. Une forme singulière d’autorisation. « Ah oui, c’était donc ça ». Ce chaos calme qui saisit à la gorge et écrase le diaphragme. Heureux, inquiet, douloureux, impatient ou paisible, il s’agit d’apercevoir ce qui fut. Et d’être dans un espace qui nous offre la possibilité d’ouvrir le flux de nos âmes. Pour moi le déclic n’eut pas lieu dans un train, mais dans un café. Le troquet du coin. Le poumon des villes. Celui de mon enfance à l’angle de la rue Didot. Celui de la rue Sainte avec ses disques de Joe Dassin. Celui de la terrasse où l’on retrouve ceux qu’on aime pour des discussions sans fin. Ni grandiose, ni soigné, mais celui du temps partagé. Alors en entendant le bruit de la soucoupe posée sur le zinc, j’ai senti l’incontrôlable. Ce petit goût salé qui envahit le fond de la gorge. « Ah oui, c’était donc ça ». Et maintenant ? Loin des grands discours, ou en sont nos cœurs chiffonnés soumis à ce rythme redevenu effréné ? Je nous souhaite de trouver des trains, des cafés, des pavés, des clairières pour y déposer, nos esprits fatigués.

0 vue0 commentaire

Posts récents

Voir tout

©2020 par Philosophy is sexy.