• Marie Robert

Ceci est un désir durable.


Ceci est un désir durable. Je me souviens d’un temps où fin août, dans la boîte aux lettres, on recevait le programme des activités proposées, pour l’année à venir, par toutes les associations de la Mairie de Paris. Chaque page contenait un monde de possibles. Il y avait la perspective d’un atelier poterie le mardi à 17h30, celle d’un cours de danse jazz, le jeudi à 18h, ou encore, l’idée d’un groupe de couture, qui se chevauchait avec celui du théâtre d’improvisation le samedi matin. Il fallait choisir avec attention, conscience et minutie. Il fallait croiser les emplois du temps, et faire preuve de lucidité en établissant le choix du niveau. Etions-nous débutant, intermédiaire ou confirmé ? Chez moi, toutes les décisions étaient envisageables, rien n’était jugé ou moqué. La seule règle d’or était, si on s’inscrivait, de ne jamais, au grand jamais arrêter en cours d’année. Ce qui était choisi l’était jusqu’à fin juin, qu’importe les emballements retombant comme un soufflé, la flemme de sortir de chez soi les mercredis pluvieux du mois de novembre, ou les déceptions ordinaires face à des loisirs moins sympas en réalité que ne le promettait leur intitulé. Ce n’était pas une contrainte rigide, en tout cas, je ne l’ai jamais vécu comme tel, c’était une manière de penser l’engagement, de donner corps aux rituels que l’on décide. Bien sûr, on avait le droit d’hésiter ou de se tromper, mais au fond, durant ces dix mois de pratique, il y aurait toujours quelque chose à apprendre, à découvrir, à comprendre. Et cela même l’année où j’ai décidé de faire de la GRS, de la gymnastique rythme et sportive, en étant si médiocre que je n’ai jamais touché au ruban. Je ne suis pas une grande adepte du « c’était mieux avant » mais souvent, je repense à cette règle avec émotion parce que je crois qu’elle était aussi un rempart à la consommation. Souvent dans notre vie d’adulte, on s’arrête en chemin. On s’inscrit avec excitation, et puis on se lasse, et on passe à autre chose. On consomme nos relations, nos rêves, nos envies. Ce n’est pas un jugement, mais que se passerait-il si on allait jusqu’à la fin d’année ? Je vous souhaite de vous inscrire jusqu’au mois de juin. #Bonjour

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