• Marie Robert

Ceci est un conseil de classe.


Ceci est un conseil de classe. Et voilà, les écoles se sont remplies de Monopoly, la chaleur engourdit les corps, et déjà, juillet a entamé sa parade. Dans un couplet d’heures, l’année scolaire sera terminée, emportant avec elle, neuf mois de nos vies, jusqu’alors en gestation. Comme c’est étrange de prêter attention à cette temporalité cyclique. A quoi a-t-on donné naissance ? A quels projets ? A quels désirs ? A quelle ambition ? Qui étions-nous au mois de septembre et qui sommes-nous désormais ? A chaque fois que je me pose la question, une chose me marque, m’interpelle, je dirai même me bouleverse : nous sommes toujours plus forts que ce que nous pensons. Nous traversons toujours plus de cascades et de précipices que ce dont nous nous croyons capables. Au mois de septembre, je suis envahie par des angoisses insurmontables, et en juin, je réalise combien elles ont été surmontées. Je ne fais pas ici l’éloge de la performance, j’ai bien trop d’affection pour nos médiocrités. Mais j’en appelle à nous féliciter. A honorer nos combats quotidiens. Car c’est en eux que réside notre sagesse. Cette fameuse sagesse est l’idéal d’une vie réussie, non parce qu’on aurait réussi dans la vie, mais parce qu’on aurait réussi la vie elle-même. C’est la ligne de conduite que l’on trouve chez les Grecs et c’est peut-être le but même de la philosophie. Apprendre le contentement, et se contenter de vivre, sans déni, sans découragement, sans frustration, ni complaisance. Mais en regardant avec tendresse nos échecs qui ne sont pas moins vrais, ni moins sages que nos succès. La sagesse n’est pas une science lisse, figée, dépourvue d’énervement, de larmes, d’agacements, elle est plutôt un accueil serein, du meilleur et du pire, de l’action et de la contemplation, de la fluidité et de l’obstacle. Une manière, au fond, d’habiter le réel, de l’apprivoiser, sans trop s’y abîmer. Montaigne avait une expression qui m’a souvent émue : « Pour moi j’aime la vie ». Quoiqu’il advienne. L’aimer sans la vouloir toujours grandiose, l’aimer parce qu’elle abrite toutes nos luttes. Je vous souhaite de vous adresser le plus beau des carnets scolaires. #Bonjour Credit : @juliannemoore

13Dominique Robert, Caroline Bindel-Girard et 11 autres personnes

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