• Marie Robert

Ceci est un clan.


Ceci est un clan. Je n’ai jamais eu de bande d’amis. D’aussi loin que je m’en souvienne, je me suis toujours sentie inapte à interagir en groupe, comme si le collectif m’imposait une appartenance à laquelle je ne peux pas adhérer, comme si les rôles donnés dans les tribus, étaient figés par une mise en scène qui omet souvent toutes les nuances. L’uniformisation du groupe nous enferme et restreint nos précieuses éclosions, nos transformations, nos évolutions voulues et nos jaillissements singuliers. J’ai le vertige à l’idée d’entendre un « t’as changé » et plus encore à la perspective de renoncer à la profondeur des tête-à-tête. Mais peut-être faut-il repenser le rapport de « bande », ne pas la percevoir dans son brouhaha bruyant, mais plutôt y voir une sorte de collectif, un kaléidoscope que l’on compose au fil des années, des lieux, du temps, des rencontres, et de ces hasards dont la justesse impose la nécessité. Il y a celle que l’on a rencontrée en seconde en séchant le cours d’italien pour aller au café. Celle qui lit dans nos silences. Celui qui est notre colocataire à vie. Celles à qui l’on écrit des messages en continu, oubliant toute forme de politesse. Ceux qui sont des sœurs et des frères, et qui agrandissent les remparts de nos existences. Celle à qui l’on avoue l’inavouable. Ceux qui comprennent le besoin d’espace. Celui avec qui le goûter, au fil des bavardages, se transforme en dîner. Celle qui est notre inconditionnel. Celle qui débarquera au bout du monde. Celui qui sera là quand notre lumière chancellera. Celle qui nous tire vers le haut et celle qui relève nos bas. Je crois que c’est en pensant ces atomes individuellement, en construisant la relation à deux, en la soignant, en la préservant, en la protégeant, qu’elle gagne en puissance et en liens, et qu’alors on peut dessiner la plus brillante des constellations. A force d’amour et de passerelles, se met en place l’écosystème, et celle de la classe de seconde va déjeuner avec l’inconditionnel. Et c’est ainsi que se bâtit la plus jolie des bandes, une bande qui compose et ajoute, sans jamais effacer ni dissoudre. Je vous souhaite des fils qui s’emmêlent. #Bonjour Credit : @vickydaze

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