• Marie Robert

Ceci est un chemin.


Ceci est un chemin. Hier j’ai lu un article sur « la grande démission ». L’expression désigne une tendance occidentale, qui consiste à quitter son emploi sans perspective précise. Le départ repose souvent sur une quête, non seulement d’un salaire meilleur, mais aussi et surtout, d’un sens, qui n’a peut-être jamais existé, ou encore qui s’est délité au fil des années. A force de se sentir écartelé et d’exécuter des tâches sans le moindre élan, l’individu perd pied. Le vide s’immisce dans chacune de ses cellules, et l’absence de motivation devient si insupportable qu’il est impossible de la faire perdurer. Ce n’est pas un caprice, c’est un appel. Un besoin aigu de trouver un ancrage. Une exigence à l’égard de ces quelques années que nous passerons sur terre. Mais une chose m’interpelle : pour tenter de saisir où se situe ce fameux « sens » encore faut-il identifier ce que l’on nomme ainsi. Car qu’est-ce qui se joue derrière ce mot que tout le monde recherche ? Je ne crois pas que le « sens » soit un état de grâce qui nous tombe dessus un matin. Littéralement, il est à la fois une « direction », un but vers lequel on tend, mais il est aussi une « signification », c’est-à-dire la compréhension et l’engagement que l’on met dans chacun de nos pas. C’est une conscience du très loin et du très près. Une conscience du grandiose autant que du minuscule qu’il faut pour le construire. Ce que l’on nomme « sens » est finalement un cheminement. Ce n’est pas un métier, pas un poste, pas une fonction, pas une tâche, pas un salaire, c’est un long dialogue avec soi, qui suppose de la patience, de la confiance et bons nombres d’explorations. J’ai la conviction que cette quête débute dès le plus jeune âge, lorsqu’on offre aux enfants l’espace qu’il faut pour oser, tenter, et surtout, se nourrir du savoir produit par les autres afin d’en créer à leur tour. C’est en cela que l’éducation, la formation, l’accompagnement, et les multiples variations que tout cela peut prendre, sont des remparts contre le néant, contre notre propre néant qui nous ronge. Je vous souhaite une quête courageuse et riche. A écouter, le podcast du jour sur les « grands pédagogues » du 20e siècle. #Bonjour

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