• Marie Robert

Ceci est un champ libre.


Un murmure. Un inavouable. Un souffle rangé là, juste là, flirtant avec le lobe frontal. Ce n’est pas l’inconscient, c’est l’indicible. Le secret. Nos secrets. Pas ceux des autres, que l’on devine, que l’on redoute, que l’on subit. Mais les nôtres. Ceux qui dessinent les frontières de notre intimité. Ceux qui fabriquent notre identité. Combien en avons-nous ? Qui sont-ils? Au sens étymologique du terme, le « secretum » désigne ce qui est mis à l’écart, séparé, crypté. Il peut être familial, bancaire, professionnel ou médical. Il est d’instruction, d’isoloir ou d’Etat. Il est minuscule, ridicule, parfois immense et déchirant. Mais le secret est toujours philosophique, car fondamentalement, il porte en lui un savoir. Il raconte une part incontournable de ce que nous sommes, et qui pourtant, se dissimule. Il ne répond à aucunes normes, il fait des pieds-de-nez à la morale. Et qu’il détruise ou qu’il ravisse, il mène une existence presque autonome, comme indifférent aux lois. Les pensées qui le fondent, restent en suspens dans la pénombre, mais ne sont jamais lointaines. Elles flottent tout autour de nous, dans ce monde qui se veut lumière et transparence. Le secret est souvent plus grand pour celui qui le porte que pour celui qui, un jour peut-être, le découvrira. Alors à que faire de ce secret ? Le conserver comme un précieux trésor ? Le dévoiler pour enfin s’en libérer ? C’est dans ce choix que nous sommes, ou plutôt que nous devenons. Dans le besoin de dire ou dans celui de taire. Ne craindre ni le silence, ni la parole. Le secret est un territoire qui nous appartient. Nous décidons ou non de son confinement. Je vous souhaite le courage de vos révélations autant que de vos silences. Il n’y a pas d’autres exigences que d’être le seul maitre de nos respirations.

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