• Marie Robert

Ceci est un câlin.

Ceci est un câlin. Ce matin, je me suis réveillée en me demandant ce qui en nous faisait du bien lorsque les choses se mettent à tanguer. Alors évidemment, la liste des possibles est longue, éparse, et difficilement objectivable. Si certains ont besoin de parler, d’autres trouvent leur répit dans le silence. Lorsque le chagrin ouvre l’appétit des uns, il coupe celui des voisins. Sans compter ceux qui préfèrent sortir pour oublier, et ceux qui rentrent pour affronter. Les exemples sont nombreux et témoignent de nos singularités. Pourtant, il y a quelque chose, qui je crois, réunit une bonne part d’entre nous, c’est l’incroyable réconfort qu’apporte un contact physique avec une personne qu’on aime. Bien sûr, il y a des individus mal à l’aise avec la sphère corporelle, il y a des chairs qu’on a trop abusées, trop malmenées, et qui ne peuvent plus s’abandonner. Mais lorsqu’on se trouve face au luxe suprême d’être pris dans les bras, il se produit un miracle incomparable, celui de se sentir, pour quelques minutes au moins, en sécurité. On a beaucoup écrit sur l’importance du toucher dans le développement du bébé. La théorie de l’attachement, développée par John Bowlby en 1958, met en avant le socle majeur qu’est le lien physique dans la régulation affective. Lorsque l’enfant souffre, qu’il est malade, qu’il a peur, qu’il a faim, ou qu’il cherche simplement à explorer, il va chercher la présence concrète, charnelle de ses parents. Il va réclamer un câlin, se coller contre la poitrine et trouver dans ces gestes les ressources qu’il lui faut pour traverser l’éclipse. Nous sommes loin d’être des nourrissons, cependant, il me semble que nous avons tous besoin à certains moments de notre existence, de « la matière » de l’autre pour continuer. Et pourtant, devenu adulte, notre pudeur nous empêche souvent d’offrir cet espace. Notre gène, nos mœurs, notre culture, nous limitent dans nos envies de prendre la main, de caresser, d’enrouler. Mais peut-être est-ce ici que nous devons déconstruire notre regard. Parfois nous n’avons pas besoin de mots, nous avons juste besoin d’une épaule et d’un cou. Je vous souhaite d’être des refuges dans lesquels trouver la paix. #Bonjour


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