• Marie Robert

Ceci est un câlin.


Ceci est un câlin. D’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours détesté les jours de rentrée. J’ai une absolue passion pour le travail, je n’ai quasiment pas pris de vacances depuis trois ans, mais vraiment, l’idée de la rentrée me plonge dans une intense mélancolie. Il y a la satisfaction de s’élancer vers de nouveaux projets, mais il faut dire adieu au sapin, reprendre son cartable, ne pas louper son RER, retrouver les dossiers complexes, et chaque jour espérer qu’une énième vague ne vienne pas nous mettre à l’arrêt. Alors face à ce vent d’hiver, il nous faut du réconfort. Lorsque nous étions petits, nous sommes nombreux à avoir eu un « doudou », un lapin borgne, un ours bleu ou une souris mâchouillée, que nous tenions contre notre cœur. C’est en 1950 que le pédiatre et psychanalyste Donald Winnicott s’intéressa au fait que les parents donnent aux enfants, lorsqu’ils pleurent, quelque chose de doux à câliner. Bien plus que de simples peluches, ces objets doivent avoir une chaleur, une texture, un mouvement, qui permettent d’en faire des compagnons de vie à part entière. Ces objets transitionnels donnent corps aux désirs et aux peurs, ils aident à supporter les moments critiques et les phases d’adaptation. En grandissant, les enfants les mettent naturellement de côté. Or, nous avons beau être adultes, je crois que nous avons plus que jamais besoin d’objets transitionnels. Nous sommes nombreux à la recherche de ce « quelque chose » qui nous console. Le terme « réconfort » vient du latin « confortare » qui signifie « consolider ». Qu’est-ce qui nous rassure dans un monde incertain ? Est-ce une chanson, un tableau, un pull dans lequel on se love, une personne à appeler, un aliment particulier, un contact physique ? Les rituels ou les choses auxquels nous recourons pour nous apaiser nous offrent un refuge temporaire. Ce n’est pas une faiblesse, c’est la conscience d’un besoin, la conscience du fait qu’il faut parfois battre en retraite, pour mieux aller de l’avant. Pour ma part, rien ne me réconforte plus que de serrer les gens que j’aime dans mes bras, ou à défaut, dans mes mots. je vous souhaite de trouver votre doudou lapin. #Bonjour

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