• Marie Robert

Ceci est un balancier.


Ceci est un balancier. Oui bien sûr, on a envie d’y aller. L’impatience se fait sentir, nous démange, nous agite, et en même temps, quelque chose nous freine, engourdit nos mouvements. Il y a aussi cet ami de longue date, qu’on aime tant, mais qui pourtant nous agace. Ou ce collègue dont on ne sait jamais si on le trouve charmant ou résolument prétentieux. Il y a cette formation à laquelle on s’est inscrite avec enthousiasme, et qui maintenant, nous semble un poids en plus dans notre emploi du temps. Ou ce dîner dont on se réjouissait mais qu’à 19h32 on rêve d’annuler. Qui ne connait pas cette demie-teinte ? L’ambivalence jalonne nos vies. Il ne s’agit pas d’être une girouette, ni un arlequin indécis sans cesse capable de retourner sa veste. C’est autre chose que cela. L’ambivalence, ce sont des sentiments confus qui nous emmènent d’une rive à l’autre. C’est un va-et-vient, bien plus courant qu’on ne le pense. Car combien de fois avons-nous l’impression que deux idées opposées cohabitent dans notre esprit sans la moindre gène ? Qu’elles occupent un espace similaire sans que l’une prenne le pas sur l’autre ? Comment se fait-il que nous soyons en mesure d’être non pas gris, mais aussi noir que blanc ? Le terme « ambivalence » a été introduit en 1910 par Eugen Bleuler dans une acceptation purement psychiatrique. L’enjeu était de caractériser un aspect de l'état psychique des schizophrènes. Mais c’est repris par Freud, qu’il gagne en nuance et devient familier. Chez lui, il désigne la juxtaposition plus ou moins simultanée de deux affects, l'amour et la haine. Deux pôles. Deux instances suprêmes. La difficulté réside dans le fait qu’elles ne se séparent pas mais se répondent, dialoguent, et finalement nous mettent en tension. L’ambivalence nous force à arbitrer, à faire appel à notre devoir, à nos valeurs, à notre intuition, à nous positionner. Parce qu’elle n’est pas simple, encore moins simpliste, l’ambivalence aiguise notre force de vie. « Là où il y a de la lumière, il y a nécessairement de l’ombre, là où il y a de l’ombre, il y a nécessairement de la lumière. » – Haruki Murakami. Je vous souhaite une journée de fructueuses contradictions. #Bonjour

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