• Marie Robert

Ceci est un balancier.


Oui bien sûr, on a envie d’y aller. L’impatience se fait sentir, nous démange, nous agite, et en même temps, quelque chose nous freine, engourdit nos mouvements. Il y a aussi cet ami de longue date, qu’on aime tant, mais qui pourtant nous agace. Ou ce collègue dont on ne sait jamais si on le trouve charmant ou résolument prétentieux. Curieuse ambivalence. Il ne s’agit pas d’être une girouette. Un arlequin indécis capable de sans cesse retourner sa veste. C’est autre chose que cela. Ce sont des sentiments confus qui nous emmènent d’une rive à l’autre. Un va-et-vient, bien plus courant qu’on ne le pense. Car combien de fois avons-nous l’impression que deux idées opposées cohabitent sans la moindre gène ? Qu’elles occupent un espace similaire sans que l’une prenne le pas sur l’autre ? Comment se fait-il que nous soyons en mesure d’être non pas gris, mais aussi noir que blanc ? Le terme « ambivalence » a été introduit en 1910 par Eugen Bleuler dans une acceptation purement psychiatrique. L’enjeu était de caractériser un aspect de l'état psychique des schizophrènes. Mais c’est repris par Freud, qu’il gagne en nuance et devient familier. Chez lui, il désigne la juxtaposition plus ou moins simultanée de deux affects, l'amour et la haine. Deux pôles. Deux instances suprêmes. La difficulté réside dans le fait qu’elles ne se séparent pas mais se répondent, dialoguent, et finalement nous mettent en tension. L’ambivalence nous force à arbitrer, à faire appel à notre devoir, à nos valeurs, à notre intuition, à nous positionner. Parce qu’elle n’est pas simple, encore moins simpliste, l’ambivalence aiguise notre force de vie. Je vous souhaite une journée de fructueuses contradictions.

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