• Marie Robert

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Au Mexique, en Amérique Centrale et chez certains latino-américains, il existe une singulière maladie que l’on nomme « susto » qui littéralement signifie le « sursaut ». Pour la détecter, il suffit de prêter attention aux tourments qu’elle génère : perte d’appétit, cauchemars, perturbations du sommeil, manque de motivation…etc. Celui qui la subit reste couché, se désintéresse de tout, et est incapable de percevoir le moindre espoir. Sous d’autres latitudes, on appelle ça la « dépression », comme s’il s’agissait de descendre plutôt que de sursauter. Mais qu’importe le terme, puisque c’est la source de cette peine qui nous questionne. Les indiens eux, semblaient ne pas avoir de doute sur son origine. Le « susto » vient de l’âme du malade. Ou plus exactement de l’une des deux âmes, celle que la médecine maya nomme jaleb, située dans le plexus, et qui permet de ressentir joie et peine, plaisir et douleur, qui donne la couleur à l’existence. La tradition veut que lorsque le mal nous assaille, c’est parce que l’âme a disparu. Elle a été évacuée lors d’un « sursaut », puis capturée par un esprit et emprisonnée dans la terre. Pour se soigner, il faut donc revenir à l’endroit précis du « susto » et accomplir des rituels en attendant qu’elle revienne. Psalmodier, absorber des décoctions, se badigeonner d’onguent… N’est-ce pas une autre manière d’indiquer qu’il faut prendre soin de soi et se laisser traverser par tout ce qui nous arrive ? Car une chose est certaine, que l’on soit ici ou ailleurs, si l’homme ne parvient pas à récupérer son âme, le malade risque d’en mourir. Mettons-nous en quête du plus beau des sursauts, celui de vie.

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