• Marie Robert

Ceci est un avant-goût.


« 7h17. Un œil puis l’autre. Ma main saisit le téléphone. Aucun texto, juste un email m’informant d’une offre à ne surtout pas manquer. Léger vertige en me retournant sur le côté droit du lit. L’envie familière de retaper l’oreiller, d’attraper un peu de fraîcheur pour mieux me rendormir. Sombrer de nouveau. Le corps immobile. Rien à faire, rien à penser. Oublier la semaine. Savourer le goût du dimanche. Celui de l’enfance. Le doux refrain de l’abandon. Mais au bout de mes pieds, quelque chose me démange. Une étrange sensation qui vient troubler mon confort. Je me lève, je suis obligée de secouer ma couette, d’aller chasser l’intrus. Rien de visible à première vue. Je me rapproche, exaspérée. C’est alors que mes yeux se posent sur un grain sable. Pire encore, une poignée de sable. Que fait ce bout de plage au bout de mon lit, moi qui ne me suis pas baignée depuis des mois ? Impossible, absurde. Ça n’a rien à faire là. Je me recouche, je feins l’indifférence. J’aimerais tant m’en foutre. J’aimerais tant être de ceux qui s’en balancent. Glisser sur l’existence avec panache. Ne pas être atteinte. Rester légère. Du sable, c’est trois fois rien. Pas de quoi se sentir ensevelie, pas de quoi s’agiter, ni avoir le cœur serré. Alors pourquoi je n’y arrive pas ? Pourquoi un détail si insignifiant semble fissurer mon monde ? Pourquoi ces larmes en me servant un bol de muesli ? Je m’appelle Pénélope, j’ai trente ans, et j’aimerais comprendre ce qui m’arrive." - Le voyage de Pénélope, Flammarion-Versilio. En librairie début novembre. J'ai tellement hâte que vous le fassiez vivre. Je vous souhaite une journée de coeur qui palpite.

3 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout