• Marie Robert

Ceci est un appel au calme.


Ceci est un appel au calme. Combien d’images en mouvements regardons-nous chaque jour ? Combien de vidéos, de reels, de snaps, de tik-toks, de panneaux publicitaires animés, d’expériences immersives, se dressent devant nos yeux ? La réponse varie en fonction de la génération à laquelle nous appartenons. Mais une chose est certaine, c’est que nous sommes nombreux à être plongés dans un monde de stimuli permanents qui finissent par modifier nos structures neuronales. Dans tous les domaines, le constat est identique. L’un des plus marquant, sans doute, est qu’au fil des années, l’enseignement s’est transformé, rendant abscons nos tableaux noirs et nos voix. Les élèves attendent que l’on « montre des choses », comme s’il fallait « que ça bouge » pour être intelligible. Idem pour nos conversations, nos moments d’attente, et même notre gestion de la patience. Partout, nous recherchons à alimenter ce besoin d’être nourri par un flux permanent et des sollicitations. Loin de moins l’idée de juger le temps présent, je passe bien trop de temps sur instagram pour me permettre une leçon de morale. En un peu moins de trente minutes ce matin, mon attention est passée du sommeil à une veille très active et s’est dispersée dans une cinquantaine de pensées, souvent simultanées. Être attiré par le foisonnement du monde est une chance, c’est une manière d’être au sens propre, en connexion avec le monde extérieur. « Nous avons avec nous un principe constant de distraction et de vertige qui est notre corps » écrit Maurice Merleau-Ponty, et dès le XIXe, Théodule Ribot, auteur de La Psychologie de l’attention expliquait que : « L’attention est un état exceptionnel, anormal, qui ne peut durer longtemps parce qu’il est en contradiction avec la condition fondamentale de la vie psychique : le changement ». La distraction n’a donc rien de blâmable. Mais ce qui est moins normal, cependant, c’est qu’aujourd’hui cette dispersion ne trouve plus de pause. Or, souvenons-nous de ce qu’il se passe face à un tableau, face une page, face à une montagne : notre émotion vient précisément de la lenteur. Ivresse de l’immobile. Je vous souhaite un dimanche statique. #Bonjour Credit : @voguebrasil

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