• Marie Robert

Ceci est un appel.


Ceci est un appel. L’autre jour, j’écrivais qu’il fallait « un village » pour éduquer un enfant, et que cette vision solitaire de la parentalité était aussi inédite qu’incongrue, car elle plaçait souvent les parents dans des situations de détresse extrême, démunis face à leur fatigue, à leurs doutes, à leurs questionnements, et même impuissants, face aux réalités pragmatiques de l’existence. Mais ce matin en me réveillant, je me suis dit que ce « village » n’était pas nécessaire, uniquement dans le cadre des enfants, mais dans tous les défis qui ponctuent notre quotidien. On a si souvent l’impression que le courage consiste à faire face aux difficultés en n’usant que des prouesses de nos corps et de notre esprit. On a tellement peur de déranger, d’importuner, d’incommoder. Quelle absurdité ! Il suffit parfois d’un simple éclairage pour que ce qui nous semblait une montagne devienne colline, pour que les heures passées à s’acharner se métamorphosent en un appel salvateur, pour que nos blocages se dénouent, et surtout pour que nos projets existent. Je me répète beaucoup qu’un livre par exemple est tout sauf l’œuvre d’une seule personne. C’est un objet créé grâce à l’auteur certes, mais aussi grâce à l’éditeur, aux correcteurs, aux imprimeurs, aux diffuseurs, aux libraires, aux lecteurs. Et combien de choses sont ainsi ? Comment parvenir à donner naissance à quoique ce soit, sans les autres ? Comment se sortir de la torpeur si quelqu’un n’allume pas la lumière ? Comment gérer le flux continu de complexité, sans assistance ? Comment supporter l’insupportable sans rituels pour endiguer la peine ? Sincèrement, je l’ignore. Ça ne veut pas dire que nous n’avons pas besoin de solitude de temps à autre, ça signifie surtout que nous ne pouvons faire l’économie de l’entraide. Mais comment faire pour restaurer ces évidences ? Comment faire pour les remettre ici au cœur de nos sociétés ? Peut-être faut-il commencer en prenant l’habitude d’appeler à l’aide mais aussi de demander aux autres ce dont ils ont besoin, au lieu de considérer que ce qui a été facile pour nous est facile pour l’autre. Je vous souhaite un joli village. #Bonjour

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