• Marie Robert

Ceci est un amplificateur.


L’autre jour, en parlant de sa fille, une mère m’a dit : « c’est épuisant, on dirait qu’elle entend tout plus fort ». J’ai souri, du sourire singulier qui donne corps aux solidarités. Entendre tout plus fort. Comme si chaque sensation était décuplée, comme si le soleil ne cessait d’éblouir les yeux. Les chaussures trop serrées, le froissé d’un drap, la rigidité d’un tapis, l’onctuosité du lait, le malaise d’une ambiance, le vertige d’un mot, le souffle du vent, la douceur d’un baiser avant de se coucher, l’irritation d’un geste. Sensible, hyper sensible. Les émotions qui se diffusent en stéréo. Les narines qui frémissent face à la nostalgie. Le regard qui se brise sur les récifs de la frustration. Un buvard en guise de cœur prêt à tout accueillir. Faire partie de la dynastie des randonneurs de la mélancolie. De ceux qui n’oublient pas, qui n’effacent pas. De ceux pour qui la maniaquerie est une fidélité. Dont les colères sont de volcans, qui tentent en vain de renverser la mer. Et pour qui la rupture est une chimère, nous abandonnant à la douleur des membres fantômes. Oh oui. Entendre tout plus fort. Un long périple. Une condamnation à perpétuité. Mais une chance aussi. La chance inouïe de connaître l’absolu de l’amour et de l’éternité. L’engagement de la pensée et la force des convictions. La puissance de la créativité et la beauté des nuances. La joie débordante et l’empathie viscérale. Épuisant oui. Aussi beau et épuisant que la vie. Je vous souhaite une journée d’e ressentis.

0 vue0 commentaire

Posts récents

Voir tout

©2020 par Philosophy is sexy.