• Marie Robert

Ceci est tout l’or du monde.


Il faut quand même avouer combien, parfois, c’est difficile de faire face. Combien c’est délicat d’être soumis à tous ces aléas, à cette agressivité souveraine, à ces tensions qui nous échappent. La rentrée est un ring. Une confrontation forcée avec tout ce que l’été avait dissimulé ou mis en suspend sous son irradiante chaleur. Au pied du mur, nous n’avons pas d’autre choix que de justifier, régler, envoyer, reprendre le fil, regarder droit dans les yeux. Hier, la journée n’avait pas tout à fait la couleur souhaitée. Mais comme si une instance invisible avait senti mon besoin de chaleur ou ma soudaine fragilité, dans l’après-midi, j’ai reçu un message, non pas attendu, mais espéré depuis longtemps. Un email d’un ancien élève avec qui j’avais eu, il y a quelques années, une pénible confrontation : « Bonjour Marie, Tu dois sûrement être surprise de recevoir un mail de ma part après tout ce temps. En tapant dissertation en essayant de trouver mon dossier de thèse je suis tombé sur la lettre que tu m'as rédigée pour que je rentre à l'université. J'ai toujours su que c'est grâce à toi que j'ai pu me donner ma deuxième chance, et de ne pas abandonner le cadeau qu'on m'a offert et de continuer à travailler sans jamais lâcher (malgré le fait que la plupart du temps ce travail était insuffisant). Tu es la première personne dans ma vie, à m'avoir donné confiance en moi et qui a cru en moi malgré le fait que je n'en valais vraiment pas la peine. Et pour ça et tout ce que tu as fait d'autre pour moi je te remercie du fond de mon cœur. Je suis navré du fait qu'il m'a fallu 3 ans pour te rédiger ce message mais sache que j'en suis toujours reconnaissant. Tu m'as permis de me développer, de grandir, de m'instruire, de devenir l'homme que tu voyais et qui pour moi n'était qu'une autre simple figure dans ton vaste imaginaire ». Les yeux baignés de larmes, j’ai fermé mon ordinateur et je me suis souvenue de l’essentiel. Tout ce que nous faisons vaut la peine, pour peu que nous y croyions. Même dans le conflit, même dans le découragement. Je vous souhaite de recevoir ce genre de mots ou de les écrire vous-même.

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