• Marie Robert

Ceci est tout ce qu’il reste à faire.


Ceci est tout ce qu’il reste à faire. Ce matin, en me réveillant, j’ai pensé à l’une des mamans de notre école qui séjourne depuis de longs mois maintenant à l’hôpital. Et avant même que je m’en rende compte, j’ai été submergée par une immense vague de chagrin. Je me suis dit qu’on ne s’habituait jamais aux histoires de mamans à l’hôpital. Pas plus qu’aux histoires de pères, de sœurs, de frères, d’amoureux, d’amis, de proches, qui par la force des choses, et par la nécessité des soins, devaient passer du temps dans ces lieux. Même si le personnel médical exerce avec brio, même si la guérison est le plus souvent au bout du chemin, même si nous avons des pratiques remarquablement efficaces, il y a quelque chose de terrible dans ces situations-là. La peur pour soi est une chose, mais la peur pour ceux qu’on aime est un gouffre parfois plus sombre encore. Porter, accompagner, chérir, soutenir, comprendre, écouter, ne pas montrer, faire preuve de patience et d’optimisme, de présence et de sensibilité, est un parcours auquel on est rarement préparé. La culpabilité flirte avec l’épuisement. La crainte s’immisce dans la pureté du lien. En évoquant cela, je me sens d’une inutilité indécente, celle d’une commentatrice aux bras ballants, puisqu’il n’y a rien d’autre à faire que d’accepter l’amertume des traversées. J’ai l’envie irrépressible de retourner le ciel, de donner du mouvement aux montagnes, l’envie que ma force et ma rage viennent transcender les larmes, mais à défaut, je ne peux qu’envoyer mes pensées à ceux qui se lèvent le cœur chargé d’inquiétude pour ceux qui leur manquent. Nous ne serons jamais à la place des autres, nous ne serons jamais dans les plis silencieux de leurs drames, cependant, on peut toujours les enrouler de tendresse, de présence et d’amour. Je souhaite à tous les malades et à tous les accompagnants un jeudi rempli d’espoirs et de douceur infinie. #Bonjour

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