• Marie Robert

Ceci est solennel.


Bien sûr ce n’est pas si grave. Ce n’est pas si grave d’hausser le ton lorsque la colère monte, ni d’articuler des mots qu’on finit par regretter. Ce n’est pas si grave d’oublier un anniversaire et de ne pas être présent à un moment important. Ce n’est pas si grave de repousser ce dossier qu’on s’était promis de traiter ou de ne plus aller à ce cours de danse qu’on aimait tant. Ce n’est pas si grave de jeter un papier par terre ou de ne jamais ouvrir un livre. Ce n’est pas si grave. Et d’ailleurs, au fond, peu de choses le sont. Jusqu’au jour où l’anodin devient habitude et où l’on se réveille hagard en se demandant comment nous avons fait pour en arriver là. Alors la culpabilité nous ronge. Le découragement nous assaille. Et l’on suffoque, encerclé par nos « si j’avais su ». Il faut dire que la gravité a mauvaise presse, elle s’habille de contraintes et d’injonctions. Mais de temps à autre, la gravité nous préserve. Elle devient alors une attention porter aux gens, aux choses, au monde et à soi. C’est en considérant nos actes, tous nos actes, et en mettant de l’engagement dans nos gestes, que nous gagnons en cohérence, que nous ne passons pas à côté de nos intensités, et qu’in fine, nous sommes fiers d’avoir été, non pas graves, mais présent à nous-mêmes. Je vous souhaite une journée de gravité concernée.

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