• Marie Robert

Ceci est sans doute ce qu’il y a de plus important au monde



Mardi, Carole, l’une de mes précieuses collaboratrices, m’a tenu un propos qui depuis, ne cesse de m’habiter. Elle m’expliquait que quand un enfant l’agaçait, sans doute parce qu’il touchait à ses failles, qu’il la renvoyait à une incapacité ou à une zone d’ombre, elle sortait un instant, prenait une grande respiration, et revenait dans la classe en essayant de le regarder avec tout l’amour dont elle était capable. Comme si la seule issue possible à une tension plus ou moins sous-jacente, était de transformer sa colère, son irritation, son impuissance, en une ouverture. Cela m’a bouleversé. Certainement parce qu’au delà de l’école, c’est peut être, dans toutes les sphères de notre existence, notre unique chemin de survie. Être en mesure de métamorphoser la négativité qui se loge en chacun de nous par la seule force du cœur. Ce n’est pas une niaiserie bien-pensante, ce n’est pas une illumination, ni une question de « tendre l’autre joue ». C’est prendre conscience de la proximité qu’il existe entre nos différents ressentis. Mobiliser notre unique puissance, ce pouvoir qui se loge en chacun de nous, celui d’aimer, cette pulsion de vie intarissable. Ce n’est pas toujours évident. Ce n’est pas toujours le bon moment. Mais c’est, sans l’ombre d’un doute notre plus grande faculté. Comprendre que nous sommes souvent à quelques millimètres d’un amour infini et que franchir cette distance est un cadeau, pour les autres et avant tout pour soi-même. Se laisser transporter par ce vertige qui nous rend vivant. Accepter l’alchimie. Le plus grand défi.

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