• Marie Robert

Ceci est plus qu’une mise en scène



Au Japon, dans la tradition du théâtre nô, une légère imperfection est nécessaire pour créer l’équilibre et le beau. La parole absurde, le léger retard dans le ton, le charme subtil d’un froissement. L’esthétique est précisément mise en relief par cette erreur, aussi mince soit-elle. Cette petite écorchure dévoile « autre chose », un mystère, qui donne soudain accès à l’émotivité et au vivant. Plus qu’un spectacle figé, on plonge alors dans un ecosystème qui ne ressemble à rien d’autre qu’à lui-même. L’imperfection fonde son identité, lui confère un caractère unique. Et si notre quotidien s’illuminait aussi grâce aux codes du nô ? La mèche de cheveux indocile, la chaussette dépareillée, la barbe rebelle, le tic de langage, le soupçon de mauvais goût, la coquinerie dans l’œil, le souffle de la confusion…etc. Bref, le juste ce qu’il faut de « pas conforme » qui habille de panache, d’allure, de grâce. Ce n’est pas un poncif d’illusoire acceptation, une prétendue tolérance à l’égard des défauts, c’est une vision de l’élégance, une compréhension de l’harmonie. Honorons nos majestueuses imperfections !

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