• Marie Robert

Ceci est pire qu’un ouragan



Dans son Odyssée, Ulysse atterrit à un moment sur l’île des Lotophages, aujourd’hui identifiée comme la ville de Djerba. Ce curieux peuple, hospitalier et chaleureux, ne cesse de manger des « lotos », une plante douce comme le miel dont la consommation a pour propriété de nous faire oublier l’essentiel. Le loto est un met pernicieux car son danger n’est pas celui de la tempête, des monstres, de la guerre qui se déchaîne ou de la démesure. Il est celui de l’oubli. L’oubli de soi et de son cap. Toute cette aventure donne à réfléchir aux questions les plus importantes et solennelles de la pensée grecque : Comment tenir le cap ? Comment ne pas dévier ? Comment ne pas perdre de vue l’individu que l’on est ? L’endroit d’où l’on vient et celui où l’on va ? Une fois de plus, les pages homériques s’infiltrent dans notre actualité. Nous avons tant de lotos métaphoriques autour de nous. L’hypnose des téléphones portables, du stress, de la quotidienneté...etc. Tout ce qui nous dissout, nous accable, nous laisse loin de notre identité. Quels sont nos lotos ? Les connaître, c’est être en mesure de quitter l’île, aussi accueillante soit-elle, pour rentrer chez soi, rentrer en nous-mêmes.

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