• Marie Robert

Ceci est notre territoire.


Ceci est notre territoire. C’est l’histoire d’une caverne dans laquelle des prisonniers sont enchaînés depuis leur naissance. Sur les murs, ils ne voient que leurs propres ombres, et celles des objets, passant devant une source lumineuse. Les choses qu’ils observent sont des reflets de la réalité, pourtant ils l’ignorent, ils se contentent des images qui s’agitent sous leurs yeux. Mais un jour, l’un d’eux parvient à se libérer et à sortir de la caverne. C’est alors qu’il découvre ce qu’est le réel et comprend que, jusqu’à présent, il ne voyait que des ombres. Il mérite alors le nom de philosophe, celui qui préfère le sentier rocailleux au confort de la grotte. Fier de sa découverte, il redescend pour prévenir les autres et leur annoncer leur erreur. Sauf qu’il est encore un peu ébloui par le soleil et fait preuve d’une immense maladresse. Il trébuche, tandis que les autres qui se moquent de lui, ne le croient pas et envisagent de le tuer. Les prisonniers renoncent à sa nouvelle, ils se fichent de l’accès aux idées. Car que faire de ces réalités supérieures ? L’allégorie de la caverne, présentée par Platon dans « La République », est un classique incontournable de la philosophie. Il l’est tellement qu’on oublie parfois la question qu’il suppose. Ce que nous tenons pour réel n’est qu’un fantôme de réalité, notre perception est erronée, nous sommes misérablement attachés à nos projections. Pour y remédier, nous devons accepter d’utiliser notre raison, afin de comprendre les formes et ne pas être dupe de nos fictions. Éduquer revient à faire le trajet qui mène le prisonnier de l’ombre souterraine à la lumière du jour. Faire apprendre, ce n’est pas remplir un esprit d’un nouveau contenu : c’est faire parcourir à celui-ci le chemin qui mène des images d’images aux images, et de celles-ci aux réalités originelles. Mais est-ce si simple ? Est-ce que nous sommes prêts à être ébloui par la lucidité aride du dehors ? Sans doute que je ne suis pas assez philosophe car ce trajet me semble parfois d’une dureté inouïe. Pourtant je crois qu’il vaut la peine car le soleil est aussi ce qui permet la vie. Je vous souhaite le courage du dehors. #Bonjour Credit : @sigourneyweaver

3 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout