• Marie Robert

Ceci est mieux qu’un gps.


Ceci est mieux qu’un gps. Un jour de 1900, au cœur du Finistère, le préhistorien Paul du Châtellier, découvrit la « dalle de Saint-Bélec ». Cette grande plaque de l’âge du bronze, gravée de curieuses inscriptions, vint s’ajouter à notre patrimoine mémoriel. Mais sur le moment, personne ne parvint à saisir la signification des motifs répétés dans la pierre. Les cercles, les carrés, les ovales, demeurèrent dans le silence de l’histoire. Jusqu’à aujourd’hui. Et jusqu’à ce qu’une équipe d’archéologues parvienne à établir qu’il s’agirait en réalité d’une carte représentant la Vallée de l’Odet. 630 km schématisés dans le bloc de schiste, faisaient de la dalle, la plus ancienne cartographie de l’humanité. Au-delà de l’anecdote fascinante, quelque chose m’a bouleversé dans cette information. Mais quoi ? C’est peut-être l’idée qu’il y a quatre mille ans déjà, les hommes avaient besoin d’inventorier leur territoire. Ce n’est pas une question de frontière, encore moins de propriété, mais plutôt, l’envie de dire, d’écrire, d’explorer, de lister nos proximités. Quels sont nos territoires ? Quels sont les lieux qui nous constituent ? Quels sont nos exils insupportables ? Quels sont nos routes, nos fleuves, nos passerelles, nos ponts, nos souterrains et nos raccourcis ? Quelles sont les relations qui s’installent à l’intérieur ? Et celles qui restent en périphérie ? Notre identité s’exprime à travers nos parcours. A travers nos cartographies. Qu’est-ce que nous allons graver sur nos dalles secrètes ? Que voulons-nous laisser dans la brume du temps ? Deleuze le rappelle avec une beauté saisissante : « l’analyse de l’inconscient devrait être une géographie plutôt qu’une histoire ». Nous nous étalons dans l'espace, nous prenons place à travers nos errances et nos repères. Je vous souhaite des chemins pour vous perdre, des routes inoubliables, et des sentiers fleuris. #Bonjour#Matin#Morning

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