• Marie Robert

Ceci est le sourire de tous les possibles



Demain soir, je serai à Marseille dans le restaurant de la remarquable Charlotte en compagnie de femmes qui ont toutes pour point commun celui d’entreprendre. L’ambition de ces rencontres est de construire, de partager, d’être une force de proposition, afin de participer à une société capable de cohérence et d’action. Et surtout de réelle diversité. Diversité des études, des parcours, des modes de vie. L’enjeu est de créer des passerelles entre philosophie et pragmatisme en systématisant l’entraide, en valorisant l’exigence et en transmettant des outils. Parler d’entrepreneuriat au féminin, ce n’est pas alimenter un propos genré, qui segmente et cloisonne. Au contraire, c’est refuser les barrières, les limites, les prophéties, les plafonds de verre, et cela, pour tout le monde. C’est faire de sa passion une nécessité. Ne pas copier un modèle, ne pas se fondre dans un schéma, mais honorer ses équivoques, sa créativité, ses contradictions, son atypisme. Je ne sais pas s’il y a une manière d’entreprendre « au féminin », mais je crois, comme le dit Barbara Cassin des femmes philosophes, qu’il y a peut-être un goût plus prononcé pour le multiple et pour l’indéfini. Une façon d’embrasser la complexité, parce que nous savons combien la vie n’est ni linéaire, ni figée. Mes deux arrières grands-mères, seules, avec enfants à charge, décidèrent chacune de créer leur entreprise. L’une, en fondant la chocolaterie « Doux Pêché », l’autre, la fabrique « Les bonbons des Pyrénées ». Ce fut pour moi, un tremplin. Et c’est avec une émotion peu commune que je vois autour de moi cet élan perdurer. Des femmes qui décident de dessiner leur propre histoire, d’agencer leur existence comme elles l’entendent et de questionner les rapports de pouvoir. Préparons la génération à venir, et rappelons aux enfants, aux garçons comme aux filles, qu’à force de travail, de courage et de solidarité, on peut toujours rendre l’impossible possible.

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