• Marie Robert

Ceci est le meilleur des prétextes



Friends, Beverly Hills, Lost, Seinfeld, Prison Break, 24h Chrono, The Wire, Breaking Brad, The Soprano, True Detective, La petite Maison dans la prairie, Une Nounou d’enfer, 13 reasons why, The Crown…etc. Qu’importe les âges, les formats, les diffuseurs, la finesse de l’écriture ou le degré de kitsch, les séries et leurs personnages habitent notre vie, plus encore que notre imaginaire. Qui n’a pas niché, au creux de sa mémoire, un épisode culte, une réplique fétiche, une dernière saison mythique ? Si les séries sont aussi centrales, ce n’est pas uniquement parce que notre oisiveté nous conduit à passer des samedis lovés sous la couette, c’est aussi parce qu’elles ouvrent un remarquable espace de pensée. D’une façon plus immédiate et sans doute plus incarnée que la littérature, les fictions audiovisuelles mettent en scène des personnages qui nous ressemblent, ou à défaut, qui ont des sentiments similaires au nôtres. Certes, nous croisons peu de zombies dans les rues, nous n’avons pas forcément vécu en collocation à New York, et nous ne devons pas démanteler en une journée un réseau terroriste, mais les peurs, les conflits, les enjeux, les dilemmes que ces situations supposent peuvent être retranscrits dans notre quotidien. Les séries sont un miroir dans lequel nous nous reconnaissons, un support par le biais duquel nous interrogeons nos propres réactions. Mais surtout, elles sont un socle précieux pour débattre, décortiquer, échanger. C’est parce qu’elles appartiennent à la culture populaire, parce qu’elles sont accessibles au plus grand nombre, qu’elles deviennent des propriétés collectives, des morceaux d’un patrimoine commun soumis à la discussion. Comment comprendre le final des Soprano ? Est-ce que nous aurions ou non quitté Ross ? Est-ce que le Prince Philip était vraiment si odieux dans la vraie vie ? Faisons le pari que les séries, plutôt que de nous isoler, peuvent restaurer le lien si seulement on accepte, comme pour tous les domaines de notre vie, d’ouvrir nos solitudes à un joli partage. Bref, de quoi donner une dimension démocratique à nos inavouables soirées passées devant Netflix.

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