• Marie Robert

Ceci est inoubliable.


Ceci est inoubliable. Vendredi, pour tout un tas de raisons, qui ne cessent de s’ajouter les unes aux autres, la journée fut rude, sans même évoquer les informations du soir. Et comme souvent dans ces cas-là, ma seule ressource est de discuter avec les élèves, d’aller chercher en eux, un autre regard, de puiser dans leur jeunesse des fragments d’espérances et de joie. Alors que nous parlions de cinéma, je leur ai demandé s’ils avaient déjà vu « La Boum » de Claude Pinoteau. Vingt-cinq ans nous séparent. Plus encore qu’une génération d’écart, ce sont nos mondes qui diffèrent. Et pourtant, à la seconde même où j’ai prononcé le nom de Sophie Marceau, une vague d’enthousiasme a envahi notre espace de discussion. Les yeux qui pétillent. Le cœur qui palpite. Les premiers émois. L’éternité dans un casque posé sur les oreilles. L’incompréhension des parents. Le choix vital d’une tenue. Les rêves qui deviennent réalité. C’est étrange comme les frissons de Vic Berreton sont à jamais les nôtres, quel que soit notre âge. Comment se fait-il que ces quelques plans séquences, qui auront bientôt 40 ans, puissent encore aujourd’hui, animer une cour d’école marseillaise ? Comment se fait-il que le regard ténébreux de Mathieu perdure, malgré l’avalanche d’images à laquelle nous sommes soumis ? Peut-être parce qu’au-delà des décors, des vêtements, des dialogues, du contexte et de la sociologie qu’elles véhiculent, il y a dans ces scènes d’adolescence, parfois kitsch et affectées, une universalité qui n’aura de cesse de nous bouleverser. L’envie d’intensité. L’envie de désirer. L’envie que l’autre nous chavire. L’envie que plus rien compte. L’envie de ne pas avoir d’autre sujet. Bref, l’envie d’aimer, d’être aimée et que dans l’obscurité d’une soirée, la survie de notre univers dépende d’un baiser. Je vous souhaite aujourd’hui de ressentir le vertige de l’adolescence. #Bonjour#Matin#Morning#LaBoum#Poupette#Vic#Mathieu#PhilosophyIsSexy#Philosophie

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