• Marie Robert

Ceci est encore mieux qu’un plaid



Le terme finlandais « sisu » n’est pas un énième concept scandinave, joliment galvaudé, situé quelque part entre une bougie et un coussin. C’est une notion philosophique majeure qui mérite tout autant sa place dans nos salons. Le « Sisu » provient de la racine sis-, qui évoque l’intériorité, et renvoie à l’idée d’une force irrépressible, issue de nos convictionsles plus profondes. Elevé au rang de valeur nationale, le « Sisu » représente l’esprit de ténacité du peuple finlandais, ou plus précisément, l’opiniâtreté face à l’adversité. Le concept trouve sa genèse dans la seconde Guerre Mondiale. En 1939, quand l'Union soviétique envahit la Finlande, le peuple décide de résister et de combattre sans se rendre, malgré le nombre ridiculement inférieur de leur armée qui ne comptait que 800 000 soldats contre 2,5 millions pour les russes. Cet acharnement s’est montré efficace, puisqu’un accord de paix fut signé un an plus tard, avant d’aboutir à un armistice en 1944. Mais le « Sisu » ne consiste pas seulement à se montrer coriace face aux épreuves. La construction de la force, qu’elle soit collective ou intime, suppose aussi de déployer son courage sur du long terme, de se positionner avec cohérence. Le propos n’est pas seulement de réagir face à un obstacle, c’est également d’être en mesure de sentir son ancrage. En somme, le « Sisu » est un alignement, une puissance du quotidien qui contribue à améliorer le bien-être et à renforcer la résilience, en facilitant l'adaptation et l’espoir. Il n’a besoin d’aucun autre artifice que la confiance que nous avons en notre être. Notre propre plaid, la chaleur de nos abysses. Soignons notre « Sisu ».

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