• Marie Robert

Ceci est de l'archéologie.

Ceci est de l’archéologie. Il y a une question que j’adore poser, et dont je ne me lasse jamais d’entendre la réponse, c’est celle qui cherche à savoir comment les gens se sont rencontrés. Les amis, les amoureux, les associés, les équipes. Comment des fragments, éparpillés dans ce vaste monde, deviennent des individus reliés, liés les uns aux autres par des pactes dont eux seuls mesurent la teneur ? Quels ont été les déclics, les embûches, les hasards, les coups de fils et les textos, qui briques après briques, sont venues alimenter la relation ? C’est curieux, car au fond, la rencontre repose toujours sur un paradoxe. Quand on « rencontre » quelqu’un, par définition, on ne connait rien de la suite. Il faut que la rencontre ait continué pour en savoir quelque chose, pour en percevoir la puissance, la beauté, l’écueil. Dès le départ, la rencontre se caractérise par son énigme. Que va-t-elle devenir ? Où va-t-elle nous emmener ? A l’instant précis où elle a lieu, on l’ignore. Et finalement, ce n’est que lorsqu’on la raconte, bien des années plus tard, qu’on mesure l’implication qu’ont eu nos regards croisés. Demander aux gens de faire le récit de ces premiers instants, c’est replonger dans ce magma d’ignorance, d’excitation, de désir, de curiosité, d’intrigue. C’est accepter de se recentrer sur l’élan initial, sur autre chose que le quotidien et ses accrocs. Qu’est-ce qui aux premiers jours, vous a donné envie de faire de l’autre un partenaire ? Qu’est-ce qui vous a poussé dans ce projet fou d’emmêler vos vies ? Qu’est-ce qui vous a suffisamment plu pour que vous donniez une suite ? Alors bien sûr, peut-être que tout cela fut éphémère, peut-être que la déception a pris le dessus, que les trahisons sont venues ternir vos aubes, et peut-être même que les regrets sont venus entacher vos promesses. Mais être capables de se remémorer ces toutes premières heures, c’est aussi venir caresser nos croyances, nos espoirs, nos audaces. Quelle qu’en soit l’issue, ces minutes ont existé. Ne pas céder au cynisme, c’est avoir le courage de s’en rappeler. Je vous souhaite de penser aux rencontres qui fondent nos existences. #Bonjour





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