• Marie Robert

Ceci est dévorant.


Ceci est dévorant. Hier, suite à la lecture d’un post Instagram, j’ai été angoissée à l’idée que mes enfants ne dorment pas et souffrent au moment de faire leurs dents. Il s’avère que le plus singulier dans cette affaire est précisément que je n’ai pas d’enfants. La semaine d’avant, après l’écoute d’un podcast, j’ai été angoissée par la recrudescence des méduses dans les océans. Je n’y avais jamais pensé auparavant. Je vous épargne la longue liste de mes angoisses par procuration, qui s’ajoutent à celles avec lesquelles je vis déjà. Ces pensées obsédantes viennent saisir la colonne vertébrale, remontent dans le ventre et contrarient le souffle. On entend ou on lit une information, et immédiatement, la transformation s’opère. On est ko sans avoir pu lutter. L’angoisse est un drôle de phénomène, bien différent de la peur. Par exemple, si on se retrouve face à un cambrioleur en rentrant chez nous, on aura peur. En revanche, si on réfléchit au jour où nous perdrons les êtres que nous aimons, nous plongeons dans l’angoisse en nous demandant comment nous allons réagir et quelle déflagration va nous submerger. En somme, on a peur de ce que le monde extérieur nous fait et des aléas qu’il suppose, mais on est angoissé par la façon dont nous agirons face au monde. L’angoisse est une projection, un questionnement personnel sur nos réactions. Dans L’Être et le Néant, Sartre déclare : « C’est dans l’angoisse que l’homme prend conscience de sa liberté ». L’angoisse devient le dialogue de la conscience avec elle-même. Est-ce que je vais être à la hauteur ? Serais-je capable de supporter ces nuits sans sommeil ? Pourrais-je tenir ? Et qu’est-ce que je vais faire pour protéger les océans ? L’angoisse est bénéfique car elle nous met face à un miroir, mais elle est difficilement supportable parce que les réponses nous échappent tant qu’on n’y est pas confronté. Alors peut-être qu’au lieu de multiplier nos sources d’angoisses en écoutant en boucle des propos qui ne nous concernent pas, nous pouvons nous focaliser sur l’action. Nous ancrer dans ce qui est déjà là au lieu d’anticiper ce qu’on ne maîtrise pas. Je vous souhaite une journée conjuguée au présent. #Bonjour

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