• Marie Robert

Ceci est ce qui nous rend vivant



Combien de fois nous dit-on que l’attente est vaine et dévorante ? Que désirer n’est qu’une source d’insatisfaction ? Que l’unique salut pour l’âme et le corps est de construire son détachement ? Laisser glisser, laisser couler, faire confiance à un dessein qui nous précède. Ne pas espérer frénétiquement un texto, un boulot, un avenir meilleur, etc, mais apprendreà aimer l’ici et maintenant. Être en retrait, dans l’écoute méditative. Plus qu’une posture illusoire, la perspective du bonheur réside sans doute dans cette manière d’habiter le monde. De l’étreindre doucement sans le consommer. De le regarder avec lucidité autant que gratitude. Mais est-ce que cela signifie qu’il faudrait se fondre dans une sorte de passivité ? Je ne crois pas. Peut-être faut-il trouver ce savant mélange entre acceptation et désir. Peut-être est-il temps de rendre hommage à cette fougue qui nous habite, à cette fureur de vivre, d’aimer, de transformer. La puissance n’est pas qu’une volonté de domination. C’est aussi un feu à chérir, celui qui nous permet d’aller au-delà de nous-mêmes, de bâtir des projets, de bousculer notre propre existence aussi bien que cette société qui mérite souvent qu’on la secoue. Plutôt que de se tenir à distance, embrasser cette vie qui ne demande qu’à être vécue. S’ouvrir non pas pas l’appel de la surface, mais aux désirs des profondeurs. A la passivité répondons par le mouvement. Faisons nous confiance et laissons jaillir cette lave en nous. Elle a l’odeur de l’avenir.

1 vue0 commentaire

Posts récents

Voir tout