• Marie Robert

Ceci est aventure.


Vendredi 3 juillet, la fin de l’année scolaire. Une expression pour clore ce qu’on ne peut pas raconter. L’intensité des dix mois qui viennent de s’écouler est encore plus indicible que d’habitude. Combien de litres de cafés ? De crises de larmes ? De marques apparues au coin des yeux ? De réunions sur zoom ? De situations qui déchirent l’âme ? De doutes et d’espérances ? De soirs d’épuisement ? Combien de fois m’a-t-on demandé si c’était « un bon business Montessori » ? La somme de tout cela forme une étrange symphonie. Une mélodie que vivent tous les entrepreneurs, les montagnes russes du quotidien, la liberté de tout bâtir mêlée à la peur viscérale de tout perdre. Mais c’est quoi « un bon business » ? Celui dont on est fier ? Celui qui rapporte de l’argent ? Celui qui permet de dormir sur ses deux oreilles ? Celui qui permet d’assoir sa prétention ? Je n’en sais rien. Mais ce que ce je sais, c’est que ce qui me tient debout, quand tout semble si éreintant qu’il faut aller chercher au-delà de ce qu’on croit pouvoir donner, c’est cette passion du vivant. Entreprendre dans l’éducation, c’est faire un corps à corps constant avec l’humain. C’est accepter que tout soit ample. Que tout se cabre. Que rien ne soit morne et que tout soit plein. Plein de mélancolie, de nostalgie, d’empêchements, de compromissions, de jalousies, de miracles, de responsabilités, de rebellions, d’injustices, de fidélités, de colères, de joies ou de convictions. Accepter ce magma d’émotions, cette zone qui palpite, qui bouleverse souvent, et qui pourtant, offre l’unique certitude que rien vaut ce vertige, ni cette urgence-là. Je n’ai pas de mot pour décrire ma fatigue en ce moment. Je n’ai surtout pas de mot pour dire mon amour infini. Au fond, je crois que je ne saurai jamais ce qu’est un « bon business ». Le notre est fait de sang, de chair et d’horizons qu’on dégage la rage au cœur. Je vous souhaite une journée aussi vive qu’une année scolaire.

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