• Marie Robert

Ceci est éternel.


Ceci est éternel. Hier, j’ai lu un article fascinant. L’histoire commence dans une grotte au Sud de l’Allemagne. Chaque bruit y produit un écho. Les archéologues y viennent depuis des décennies étudier les restes d’une culture disparue, celle de l’aurignacien, qui a perduré de 40 000 à 32 000 ans avant J-C. Parmi les innombrables vestiges dont le sol est rempli, ils finirent par faire une prodigieuse découverte : un os de 22 centimètres de longueur, provenant d’une aile de vautour. Au début, ces fragments leurs semblaient quelconque, puis les archéologues y ont aperçu des trous et des entailles, et à force de questionnements, ils comprirent ce qu’ils avaient entre les mains, une flûte. Une flûte de 40 000 ans, le plus vieil instrument de musique du monde connu. Dans leurs errances originelles, dans cette aube de l’humanité, ces hommes et ces femmes, broyés par le froid, la peur, la faim, prirent le temps de faire de la musique. Comme si la musique, elle aussi, participait à leur survie. Comme si elle tissait entre les humains un lien indéfectible, qui nous rassemble encore aujourd’hui. En lisant ce récit, les émotions m’ont submergée. Quarante mille ans après qu’un homme eut l’idée de transformer un os de vautour en instrument, nous continuons à faire de nos mélodies des remparts. J’ai souri et j’ai pensé à tous ces refrains que l’on entonne. A tous ces couplets qui nous habitent, nous réconfortent, et déclenchent des ondes de souvenirs. A toutes ces notes qui, à peine jouées, mobilisent nos sens autant que nos poumons. A toutes ces musiques chéries qui appartiennent au collectif et à toutes celles, inaudibles, qui convoquent des douleurs intimes. A toutes ces Groupies du pianiste. A toutes ces Drôles de vie, ces Andy ou ces Foules sentimentales chantées à tue-tête. A tous ces moments où l’on s’est cru dans un clip alors qu’on marchait juste dans la rue. Les chansons appellent l’invisible, elles nous relient aux autres et à ce qui n’est plus. Populaires ou pointus, kitschs ou mélancoliques, honteuses ou intemporelles, simplement élues pour tisser la playlist de notre vie. Je vous souhaite que le lien de nos flûtes nous emmène vers l’infini. #Bonjour

42 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout