Ceci n’est pas une honte. 

Lorsque j’ai enregistré ce podcast, il y a quelques semaines, je n’aurais jamais pu imaginer le contexte de sa diffusion, et pourtant, quelque chose dans son intention fait écho, je crois, à ce que nous vivons. Après le dépassement de soi, j’avais envie d’évoquer l’autre versant, celui de la défaite. Ce curieux mouvement, plus saisissant que l’erreur, moins grandiose que l’échec. La simple défaite. Celle qui s’habille de mélancolie. Le vrai chagrin, lorsqu’on rentre dans le vestiaire et qu’on vient de perdre un match, les larmes sur les joues des militants politique les soirs d’élections, et tout ce qui nous renvoie à nos pertes. Il y a quelque chose d’inhérent à l’enfance dans la défaite. Elle est passionnante, parce qu’inconsolable. Dans la défaite, il y a l’idée d’être privé de la fête. Elle prend de l’ampleur car on ne peut pas la transformer en « autre chose ». Elle devient un sujet philosophique car il faut être capable de la regarder en face, pour ce qu’elle est : la mort d’une espérance qui souvent nous renvoie au silence. « La philosophie, cela sert à savoir perdre » dit Michel Serres. C’est donc ici que réside sa beauté et c’est ici que l’on grandit. Intimes, professionnelles, sportives, idéologiques...,de quoi nos défaites sont-elles le nom ? Et parce que la joie se partage autant que la tristesse, j’ai eu la chance d’avoir à mes côtés, l’auteur, le journaliste, l’ami précieux et aimé @laurentdavidsamama. Son livre « Eloge de la défaite » est une douceur adressée à nos ratés, un indispensable en ces temps de confinement. L’épisode disponible sur toutes les plateformes de diffusion en tapant « Philosophy is sexy ». Merci pour vos écoutes, vos partages, votre soutien. A nos amours, à nos défaites !