Ceci n’est qu’un commencement. (Le sens)

Cette semaine dans l’espace confiné de ma chambre, entourée de mes couvertures, j’ai enregistré un nouvel épisode de mon podcast, afin de le sortir aujourd’hui. Comme d’habitude, il ne s’agit pas de faire une leçon, de prétendre à un quelconque savoir, ni de me soumettre à d’absurdes prophéties. Ma seule ambition est que nous réfléchissions ensemble. Et cette fois, j’avais envie que nous regardions cette curieuse expression, que l’on entend sans cesse, et qui nous impose de « donner du sens ». Cette injonction foisonne un peu partout. Elle est devenue une urgence, peut-être plus encore avec ce confinement. Le sens est un graal, dans notre vie intime comme dans nos sphères professionnelles. Une quête qui s’immisce dans toutes les formations, les articles de presse, les projets de reconversions. Un but que l’on espère, que l’on vise, parfois même sans comprendre comment l’atteindre. Mais au fond quel est ce « sens » dont tout le monde parle ? Soudain, tant de questions surgissent... Est-ce qu’évoquer le sens est une autre manière de parler d’éthique ? Est-ce un rempart contre l’ennui, la surconsommation ou une promesse à l’égard du collectif ? Est-ce le cri d’un système dépourvu d’absolu ? Ou une errance intime parce que nous ne sentons pas à la juste place ? Que signifie ce terme que tout le monde prononce mais dont personne ne semble s’accorder sur la signification ? Décortiquer le langage, c’est dégager une ligne d’horizon. Cet épisode est je l’espère, à l’image de ce que nous avons construit ici, ensemble, durant tout ce confinement. Un espace où aller et venir. Un fil à tisser, comme on veut et comme on peut. D’une oreille distraite ou attentive, ému ou en colère, seul ou en famille. Mais confiant en notre capacité à penser. Merci à vous, de me rappeler tous les matins, que le sens de ma vie se conjugue à grand renfort d’amour, de transmission, de partage et d’engagement.

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